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Épisode : Éros et Thanatos

Photographie

Jérôme Abramovitch

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Biographie

Photographe, designer graphique, musicien et performeur corporel, Jérôme Abramovitch est un artiste montréalais. Depuis ses tout débuts dans une chambre noire en 1996, il a couvert tous les aspects liés à la photographie, œuvrant à titre de photographe, d’assistant, de technicien, de producteur et de retoucheur. Dès 1999, il travaille aussi comme designer web et comme programmeur.

Jérôme Abramovitch aime prendre des risques, repousser les limites et sortir de sa zone de confort. Ses performances d’art corporel extrêmes – des injections d’eau saline sous la peau du front — lui ont valu deux records Guiness. Il s’intéresse aux modifications corporelles et aux rites de passage des tribus aborigènes. Il a d’ailleurs coupé son petit doigt pour marquer un processus de transformation.

À titre de photographe, l’artiste poursuit sa démarche exploratoire avec, entre autres, Mannequin Series, une série débutée en 2004 qui explore le concept d’identité et la vulnérabilité humaine, en superposant des photos de corps nus à celles de mannequins de plastique, pour obtenir des images hybrides de corps disloqués, amputés, réifiés.

Les œuvres photographiques de Jérôme Abramovitch ont été exposées à divers endroits au Québec, de même qu’au Japon et en Italie.

L'érotisme, c'est...

« Dans sa définition, l’érotisme est la qualité de ce qui stimule le désir sexuel. Ça pourrait aussi être une conception philosophique de ce qu’est la sensualité. Basé sur cette définition, il est facile d’aller fouiller dans les particularités des émotions sexuelles, mais c’est la nature philosophique de la chose qui m’intéresse. Le cerveau est vraiment la plus grosse zone érogène. »

 

 

J’ai toujours défini Mannequin Series comme des scènes perdues d’un film qui n’aurait ni début ni fin. Et tu ne verrais que cette seule scène, et c’est à toi de l’intégrer, de la regarder, de laisser ton imagination travailler.

Oeuvres

Voici une sélection des œuvres de l’artiste. Cliquez sur une image pour la voir en mode plein écran.

Plusieurs de mes œuvres tournent autour du concept de l’identité personnelle, comment notre corps est le seul outil que nous avons vraiment pour interagir avec le monde extérieur. L’imaginaire fait partie de ce qui se passe dans notre cerveau, mais nous avons besoin de notre corps pour lui donner vie.

Quelle œuvre d’art appréciez-vous le plus ?

J’aime l’art qui isole, distord et transcende nos perceptions de la réalité. Un art qui me connecte avec mes désirs, mes peurs, ma joie et ma douleur. Un art beau, cru, authentique, étrange, sombre et grotesque, qui exprime des émotions profondes. Un art qui me force à m’arrêter et qui me fait réfléchir, un art qui me perd dans un rêve.

Quel est votre artiste préféré ?

Il y a tant d’artistes qui méritent cette place de choix, mais si je devais n’en choisir qu’un seul, ce serait Dieter Appelt, pour ce qu’il a créé avec son Der Augmenturm, en 1977. Intemporel, aride, primitif et profondément introspectif. Si je devais nommer mon compositeur favori, ce serait Olivier Messiaen pour son Quatuor pour la fin du temps, en 1941. D’imaginer cette oeuvre performée pour la première fois dehors sous la pluie, avec des instruments décrépis… J’en ai encore le souffle coupé!

Si vous n’étiez pas artiste, vous seriez...

Un musicien… Mais les musiciens sont aussi des artistes, non ? Pourquoi être autre chose qu’un artiste ? C’est ce que je suis. Si, pour une quelconque raison, je ne pouvais pas être un autre genre d’artiste, je serais un ingénieur de studio. Ou un professeur. J’ai été privilégié d’apprendre des choses extraordinaires auprès d’individus plus âgés et plus intelligents et, ultimement, nous avons tous la responsabilité de redonner aux autres autant que possible.

Qu’est-ce que vous détestez par-dessus tout ?

Chez les humains : la négativité, l’intolérance, la violence et la cruauté.
Dans les arts et la musique : des produits culturels génériques fabriqués sans âme ni cœur.

Avec qui aimeriez-vous prendre un verre ?

Si c’était possible, j’aimerais m’asseoir et prendre un verre d’eau avec David Lynch pour discuter conscience, créativité et cerveau. Son univers créatif est sombre, tordu, humoristique et surréaliste, en même temps qu’il procède d’une béatitude personnelle. Je cherche à être le reflet de ceux que j’admire et je suis fasciné par la façon dont M. Lynch équilibre les extrêmes artistiques et les extrêmes personnelles. J’aimerais vraiment collaborer avec lui dans le cadre d’un projet créatif.

Je suis personnellement intéressé par la cybernétique. J’ai toujours questionné l’homme-robot hybride, qui n’est pas sans évoquer le transhumanisme. En fait, le transhumanisme me fascine.

Lieu de tournage

Montréal / Québec

Rencontre avec l'artiste le 9 juin

Je suis ce que j’exprime dans mon art.

Inspirations

  • Quel artiste vous a le plus influencé et pourquoi ?

    Il m’est difficile d’identifier précisément les artistes qui auraient influencé mon travail, qui se fait essentiellement par observation et abstraction. Je suis inspiré par la photographie et d’autres formes d’arts visuels, le cinéma, la musique, le sexe, les rites corporels, la transformation personnelle, la science actuelle et la cybernétique. De façon générale, j’ai été influencé par la montée de l’underground contre-culturel des années 1970, 1980 et 1990, puisque je suis essentiellement un reflet de mon environnement.

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