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Épisode : Éros et Thanatos

Photographie

Ken-Ichi Murata

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Biographie

Photographe japonais vivant à Osaka, au Japon, Ken-Ichi Murata est né en 1957. Dès l’âge de dix ans, il est frappé par une telle frayeur de la mort qu’elle le confine en permanence chez lui. Mais c’est aussi cette névrose qui devient le moteur même de sa création, l’artiste décidant vingt ans plus tard de conjurer la peur de la disparition au moyen de la photographie.

En effet, les déclinaisons symboliques de la mort sont omniprésentes dans l’œuvre du photographe et s’expriment dans leur contraste avec la prime jeunesse de ses modèles. Ses photographies s’inspirent des contes de fées et autres histoires de princesses, dont elles pervertissent les codes en soulignant le double aspect morbide et érotique. À l’origine, ses oeuvres étaient imprimées en noir et blanc et ensuite colorées à la main, mais l’artiste opère actuellement une transition vers le numérique.

Ken-Ichi Murata a publié trois livres regroupant plusieurs de ses œuvres: Japanese Princess (2005), Princess of Desire (2007) et Naked Beauty (2011). Il a aussi participé à de nombreuses expositions au Japon, à Berlin et à Rome.

L'érotisme, c'est...

« Lorsque je photographie, je suis complètement investi dans ça et je ne pense à rien d’autre. L’érotisme, pour moi, c’est ce qui nous permet d’être entièrement concentrés. C’est le genre d’énergie que ça inspire. »

En tant qu’humain, on ne sait pas quand on va mourir. Pour ne pas avoir de regrets au moment de la mort, je me suis dit que j’aimerais laisser quelque chose derrière moi. J’ai décidé de faire des photographies en tant qu’œuvres. Comme je cultivais une peur de la mort, j’ai tenté d’explorer ce qui pourrait m’aider à combattre cette peur.

Oeuvres

Voici une sélection des œuvres de l’artiste. Cliquez sur une image pour la voir en mode plein écran.

 Selon l’époque, la possibilité de montrer le corps de façon plus osée varie. Au début, je faisais preuve de plus de retenue, mais avec l’Internet, je me permets d’aller plus loin, de mesurer où se situe la limite de l’acceptable.

Quelle œuvre d’art appréciez-vous le plus ?

J’aime la peinture, en particulier celle de l’Occident. Plus jeune, j’ai beaucoup apprécié l’impressionnisme, mais mon intérêt s’est transformé avec les années. Maintenant, j’aime davantage le courant baroque. Je suis aussi attiré par la distorsion dans l’art religieux médiéval européen. J’aime aussi l’imagerie bouddhiste dans l’art japonais.

Quel est votre artiste préféré ?

Question très difficile, d'autant que ça change au fil du temps.

Si vous n’étiez pas artiste, vous seriez...

Probablement que je serais devenu un mésadapté social.

Qu’est-ce que vous détestez par-dessus tout ?

La laideur du monde politique

Avec qui aimeriez-vous prendre un verre ?

Mes modèles

Avec le décès de mon père, c’est un peu comme si j’avais apprivoisé la mort. Il y a ce sentiment que je n’ai aucun pouvoir sur ça. Ça m’a vraiment libéré.

Lieu de tournage

Osaka / Japon

Rencontre avec l'artiste le 31 mars

Quand je suis en processus de création, je m’y investis entièrement. Tout mon esprit est pris par le travail en cours. J’ai l’impression de m’y oublier pour laisser place à l’œuvre. C’est dans ces moments que je suis le plus heureux et que la peur de la mort s’estompe.

Inspirations

  • Quel artiste vous a le plus influencé et pourquoi ?

    En tant que photographe, Irina Ionesco, Pierre Molinier et Araki.

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