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Épisode : Éros au futur

Art numérique

Ray Caesar

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Biographie

Ray Caesar, véritable pionnier de l’art numérique, est né à Londres en 1958. Si une partie de son enfance se déroule en Angleterre, la famille quitte assez rapidement pour s’installer à Toronto, où il réside depuis. Dès sa prime jeunesse, Ray Caesar peint et dessine quasi constamment. En 1977, il s’inscrit au Ontario College of Art, où il étudie l’architecture.

Durant une quinzaine d’années, Ray Caesar travaille comme artiste médical au département d’éducation visuelle de l’Hospital for Sick Children. De 1998 à 2001, il œuvre comme animateur 3D pour des studios de télé et de cinéma, où il récolte les honneurs à titre d’artiste d’effets spéciaux. S’il a toujours su qu’il était un artiste, la nature introvertie de Ray Caesar l’a longtemps empêché de montrer et de diffuser ses œuvres. Une première exposition a finalement lieu en 2003.

Les stigmates d’une enfance difficile, tout comme son expérience auprès des enfants malades, marquent profondément l’œuvre de Ray Caesar, qui présente des personnages aux traits plutôt enfantins évoluant dans un univers magnifiquement étrange. Entièrement réalisée au moyen d’un logiciel d’animation 3D, Maya, son œuvre numérique joue sur l’ambiguïté du temps et des genres, de même qu’elle combine, en de fascinantes images, érotisme, douleur, beauté et fragilité.

Depuis ses premières expositions, la réputation de Ray Caesar a fait boule de neige. Représenté par Belinda Chun de la Gallery House, l’artiste expose maintenant ses créations partout dans le monde. Elles sont entre autres collectionnées par Madonna, la famille Hearst et Riccardo Tisci, chez Givenchy. Elles font aussi partie des collections du Bristol Museum au Royaume-Uni, du Museum of Modern Art ainsi que du Guggenheim Museum, à New York.

L'érotisme, c'est...

On qualifie Ray Caesar de grand-père de l’art numérique. Il est l’un des premiers à avoir utilisé l’art numérique ­– et le programme Maya –, une forme d’art qui est maintenant entrée dans les musées et acquise par les collectionneurs. En ce sens, il a innové et pavé la voie pour les autres artistes.

Belinda Chun, galeriste de Ray Caesar

Oeuvres

Voici une sélection des œuvres de l’artiste. Cliquez sur une image pour la voir en mode plein écran.

Dans l’œuvre de Ray Caesar, les figures féminines sont presque intemporelles. Il est difficile de savoir quel âge elles ont. Il y a une ambiguïté dans la temporalité, comme parfois il y en a une aussi dans le genre. Cela permet au spectateur d’inclure son point de vue et de découvrir que cela signifie pour eux.

Belinda Chun, galeriste de Ray Caesar

Quelle œuvre d’art appréciez-vous le plus ?

J’aime Hendrickje Bathing in a River (1654) de Rembrandt. Si je pouvais choisir d’entre toutes les peintures pour l’afficher au mur, je choisirais celle-là, d’autant qu’elle irait bien avec mon divan! En fait, j’aurais besoin du Louvre pour accueillir toutes les œuvres d’art que j’apprécie… Mais j’aurais aussi besoin du Metropolitain Museum of Art de New York, du MOMA, de la Frick, de la Galleria Borghese et d’Uffizi, et puis j’aurais encore besoin de la National Gallery. Oh! Et puis le National Portrait Gallery, le Tate, et le Tate Modern… Argh! Je commence à paniquer d’avoir oublié quelque chose d’important et vous pourriez ne me laisser que ce que j’ai mis sur cette liste! Quand même, je ne dirais pas non à Rembrandt, ni à quelque œuvre que ce soit du Caravage.

Quel est votre artiste préféré ?

Il m’est impossible de choisir un seul artiste. Mon esprit ne fonctionne pas vraiment de cette manière. J’aime profondément toutes formes d’art, même l’art qui est mauvais. J’aime même l’art que je n’aime pas du tout, parce qu’après le diner, je pourrais l’aimer. J’aime l’idée que nous sommes une espèce créative, qui crée des images à partir de concepts que nous avons imaginés dans nos esprits, que nous créons des choses tangibles à partir d’une fugace pensée issue d’une intuition imaginaire.

Si vous n’étiez pas artiste, vous seriez...

… quelqu’un qui fait des photos ou des images de choses qu’il voit dans son esprit et j’essaierais de transposer ces images mentales dans la réalité, mais je ne m’appellerais pas « artiste ». Autrement dit, je tricherais avec votre question et je ferais quand même de l’art même si je n’étais pas un artiste, simplement parce que c’est ce que j’aime faire par-dessus tout. Et si je ne pouvais pas tricher, je pourrais tout autant travailler dans un magasin de chapeaux ou des ceintures, ce qui serait un bon endroit pour avoir des idées pour faire de l’art secrètement quand je reviendrais chez moi.

Qu’est-ce que vous détestez par-dessus tout ?

Cette forme d’ignorance et d’indifférence qui causent de la douleur et de la souffrance chez les autres. C’est une ignorance qui existe en chacun de nous, et c’est si facile de la laisser prendre le contrôle. Mais j’aime aussi cette part de nous qui nous élève au-dessus de la sombre ignorance et qui rend le monde meilleur et bienveillant à l’égard de tous les êtres vivants. Cet aspect plus aimable, meilleur et plus grand existe aussi en chacun de nous. D’être conscients de cette dualité en nous est tout ce que nous pouvons faire pour encourager cet ange intérieur à prendre par la main ce terrible démon et à le guider vers la lumière. En fait, je déteste le mot « détester » et je me demande souvent si nous oublierions de détester s’il advenait que nous oubliions le mot « détester ». Laissons-le disparaître dans le passé et remplaçons-le par un mot meilleur, comme « amour ». Je suis certain que nous avons oublié bien des choses qui existaient dans notre mémoire collective… Peut-être serions-nous capables d’oublier aussi de détester?

Avec qui aimeriez-vous prendre un verre ?

Peut-être un philosophe ou un physicien quantique, mais probablement pas Socrate, puisqu’il a bu de la cigüe. Ainsi, je ne voudrais pas vraiment boire un verre en sa compagnie, si vous voyez ce que je veux dire… Peut-être que je boirais avec Max Planck et nous pourrions argumenter à savoir si le verre existe bel et bien, ou si le verre existe seulement comme une construction de notre esprit, puisqu’il a toujours soutenu que la seule chose à laquelle on peut vraiment croire est sa propre conscience.

Ses œuvres canalisent beaucoup de choses en lien avec son enfance difficile. D’une certaine façon, son travail libère sa douleur et celle des enfants qu’il a côtoyés à l’hôpital. En utilisant des images pour réinterpréter, en se servant de la dure réalité pour recréer quelque chose de beau, cela permet d’avoir des souvenirs plus heureux.

Belinda Chun, galeriste de Ray Caesar

Lieu de tournage

Toronto / Canada

Rencontre avec Belinda Chun, à la Gallery House, le 10 juin

Les œuvres de Ray Caesar ont cette magnifique étrangeté. C’est un artiste très moderne, en regard des matériaux qu’il utilise, mais il est aussi très traditionnel, en ce qu’il fait références à des costumes d’époque et des poses classiques...

Belinda Chun, galeriste de Ray Caesa

Inspirations

  • Quel artiste vous a le plus influencé et pourquoi ?

    Je crois que ce sont probablement les expressionnistes abstraits, puisque je fais confiance et que je crois profondément au fait de laisser ma main faire quelque chose avant même que mon esprit n’ait le temps d’y penser. Sans cette unique et inspirante leçon, je ne crois pas que j’aurais pu gérer grand-chose dans ma vie, encore moins dans mon art. J’aime qu’un courant artistique ait valorisé et apprécié l’action intuitive la plus élémentaire. En art, il n’y a rien de plus libérateur que d’exprimer ce que « Soi-même » veut exprimer.

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