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Épisode : Éros et Thanatos

Art numérique

Roberto Segate

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Biographie

Né au pays de Galles, Roberto Segate est un artiste numérique et un photographe. Intéressé par la photographie depuis son enfance, ce n’est qu’à la suite d’une maladie, en 1990, qu’il décide de se consacrer entièrement à son art. Il change alors son nom.

L’art de Roberto Segate est marqué par une beauté macabre, où les portraits de femmes nues sont transposés dans un univers glauque et terrifiant. Ces photographies d’un érotisme sombre, essentiellement numériques, sont retouchées pour les nourrir et les étayer au moyen d’éléments typographiques et de textures qui viennent salir, vieillir et enténébrer leur environnement qui suggère la mort, l’enfermement ou la torture.

Articulée par différents volets thématiques, la production de celui que l’on a qualifié de serial pixel abuser trouve à s’exprimer en séries, dont Words and Bitches, mais aussi Celtic Fetich, Pre Mortem, Psychopatia Sexualis, puis Clamor & Smoke et, plus récemment, Northbarrow Institute, dont il a tiré un livre.

The Dark Art of Roberto Segate : A retrospective regroupe une part importante de la production de Roberto Segate entre 1999 à 2006.

L'érotisme, c'est...

« J’aime la photographie de nus quand elle est faite avec sensibilité. Mais je n’aime ni la photographie glamour, celle des pin-ups, ni la photographie érotique qui fixe le corps des femmes sans aucune considération. L’art du nu ou l’art érotique m’intéresse, mais il faut que ça soit fait au-delà de la seule superficialité d’un corps nu. Cela doit tenter de créer une atmosphère ou de livrer un message. »

Je ne suis qu’un artiste qui essaie de produire des images provocantes, des images qui interpellent les gens et qui les font s’interroger sur ce que j’essaie de faire ici. Je ne suis qu’un artiste qui aime son travail et qui met tout en œuvre pour produire des images érotiques parfaitement sombres.

Oeuvres

Voici une sélection des œuvres de l’artiste. Cliquez sur une image pour la voir en mode plein écran.

En ajoutant de la typographie à mes images, j’essaie de renforcer le message et d’amener le spectateur à se demander ce que j’ai voulu dire. Même si certains ne comprennent pas, je veux qu’il y ait du mystère dans mes images...

Quelle œuvre d’art appréciez-vous le plus ?

Je suis attiré par la mélancolie; par des œuvres qui font sens. Des univers sombres d’outre-monde qui présentent des allégories intelligentes et des contradictions. Des figures torturées, nues, tordues, des figures d’un environnement dystopique. Les sentiments d’empathie et de mélancolie m’interpellent et, ultimement, propulsent mon travail.

Quel est votre artiste préféré ?

Joel-Peter Witkin et John Santerineross

Ces deux artistes provoquent de vives réactions auprès du public. Il y a un élément de choc et de dégoût qui, selon moi, est intrigant. C’est comme de regarder un film d’horreur en se cachant derrière sa main; on ne veut pas voir, mais on regarde tout de même! Il est impossible d’identifier une temporalité précise dans plusieurs de ces œuvres; le spectateur est laissé à lui-même, errant dans un paysage sans référence temporelle.

Si vous n’étiez pas artiste, vous seriez...

Il m’est impossible d’imaginer ma vie sans pratiquer quelque forme d’art que ce soit. Créer des images est si profondément ancré en moi. Mais si vous insistez, disons que je serais fossoyeur.

Qu’est-ce que vous détestez par-dessus tout ?

Les images superficielles et la photographie sans âme, qui n’implique aucun investissement de temps de la part de son créateur. Vraisemblablement créées dans le seul but de faire vite, travaillées sans intelligence dans Photoshop, plus particulièrement en utilisant des filtres de corrections rapides, avec comme conséquences de tout devient fade et sans intérêt. Toute implication entraîne un retour; on n’obtient que ce qu’on y investit!

Avec qui aimeriez-vous prendre un verre ?

Question difficile puisque je ne bois pas! Mais il y a plusieurs personnes que j’aimerais inviter à ma table. Isambard Kingdom Brunel, pour ses monumentales réalisations industrielles ici, au Royaume-Uni, durant les années 1800. Isaac Newton, pour ses lois du mouvement. Jérôme Bosch, pour ses créations d’univers sombres et, peut-être, le marquis de Sade pour son esprit troublé. Avec tous ces gens autour de la table, on est en droit d’attendre une conversation stimulante!

Toutes les images sur lesquelles je travaille tentent en fait d’être ce qu’elles ne sont pas. Elles se distancient de ce qu’elles doivent représenter. Elles subissent toutes un traitement – avec la couleur ou la surimposition de textures – qui tend à les distancier du présent en les affirmant comme quelque chose d’un autre temps. Je ne veux pas qu’elles aient l’air neuves ou modernes. Je veux qu’elles aient l’air vieilles et antiques.

Lieu de tournage

Londres / Royaume-Uni

Rencontre avec l'artiste le 4 mai

Je ne considère pas mes images comme étant érotiques. Je les vois davantage comme des images de la condition humaine, d’un combat proprement humain.

 

Inspirations

  • Quel artiste vous a le plus influencé et pourquoi ?

    David Carson

    Pour son utilisation de la typographie, non seulement dans le but de faire sens, mais comme élément graphique à part entière. L’ambiguïté qui naît d’une utilisation irrévérencieuse de caractères typographiques a eu une énorme influence sur moi et, depuis, j’essaie d’en inclure dans mon travail.

    Jérôme Bosch

    La mélancolie n’est jamais bien loin dans mon oeuvre et le travail Bosch, tout particulièrement avec ses peintures complexes qui présentent des personnages torturés et désespérés dans un univers surréel, m’a beaucoup inspiré. Cet univers marqué par l’agonie, la douleur, le désespoir et la perte est quelque chose que j’essaie constamment de rendre.

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