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Épisode : Ode à la beauté

Sculpture

Walter Mariga

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Biographie

Walter Mariga est un sculpteur sur pierre shona qui vit à Harare, au Zimbabwe, pays où il est né en 1973. Ses parents, qui étaient sculpteurs eux aussi, lui ont transmis leur savoir-faire et leur passion. Dès l’âge de 12 ans, Walter Mariga s’initie au maniement des outils, puis fait ses classes en compagnie de son père et mentor, Joram Mariga, lequel a introduit la sculpture sur pierre au Zimbabwe à la fin des années 1950. À 17 ans, la sculpture occupe déjà l’essentiel du temps de Walter Mariga.

C’est à l’âge de 21 ans que l’artiste se fait connaître à l’international grâce à la galerie Chapungu Sculpture de Harare. En 1994, il se rend au Japon pour participer à un atelier et s’exerce sur du granite noir aux côtés du maître sculpteur japonais Masaji Asaga.

La femme est au cœur de l’œuvre de Walter Mariga, entre autres parce que l’artiste désire témoigner du rôle essentiel qu’elle occupe dans la culture shona, mais aussi parce qu’il veut en célébrer la beauté et la force. Sa signature consiste à laisser certaines parties de la pierre à l’état brut, permettant ainsi à celui qui la regarde de comprendre l’émergence de l’œuvre à même la forme de la pierre.

Partager ses connaissances et faire rayonner l’art shona sont importants pour Walter Mariga. Ainsi, il donne de nombreux ateliers à la galerie de Porcherie située aux Pays-Bas depuis 2005, de même qu’à la galerie canadienne ZimArt, où il a été accueilli comme artiste en résidence en 2005, puis en 2015. Son œuvre est aussi présentée au Japon, aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Europe.

L'érotisme, c'est...

« Pour moi, l’érotisme, c’est quelque chose que je ne peux pas expliquer, mais c’est dans mon cœur, quelque chose dans mon cœur qui me pousse vers les femmes. Je ne trouve pas de meilleure façon de l’expliquer… Tout ce que je peux dire, c’est que cela a à avoir avec les femmes, en moi. »

Dans ma sculpture, je veux simplement montrer les femmes au monde entier, pour que tous, quand ils voient une sculpture de femme, comprennent à quel point elles sont importantes, dans la communauté, dans la culture, et dans l’art shona. C’est quelque chose qui doit être respecté. Tout part de la femme, même moi! C’est là que tout commence!

Oeuvres

Voici une sélection des œuvres de l’artiste. Cliquez sur une image pour la voir en mode plein écran.

Souvent, quand je travaille une pièce, je veux montrer aux gens la pierre travaillée, mais aussi la pierre à l’état brut, et présenter les deux ensemble.

 

Quelle œuvre d’art appréciez-vous le plus ?

J’aime sculpter les formes féminines. Pour moi, tout commence par les femmes. En fait, durant toute ma vie, les femmes ont pris soin de moi. Elles sont passionnées et aimantes, et leurs formes nous enlacent. Les femmes sont expressives et j’aime écouter ce que me dit la pierre afin de pouvoir célébrer cela.

Quel est votre artiste préféré ?

J’admire plusieurs artistes. J’ai visité l’exposition sur Rodin lorsque j’étais à Montréal et cela m’a grandement inspiré. Mais mon artiste préféré, c’est mon propre père, Joram Mariga, qui est aussi considéré comme le « père » de la sculpture shona. Ses oeuvres sont d’authentiques représentations de notre culture zimbabwéenne. Il était si connecté à la terre d’où il tirait ses pierres à sculpter que cela a ajouté une dimension spirituelle à son oeuvre. Il n’a jamais utilisé que des outils manuels parce qu’il souhaitait conserver cette connexion, parce qu’il souhaitait continuer à toucher la pierre pendant qu’il la travaillait. Je suis si heureux qu’il m’ait appris cette approche de la sculpture.

Si vous n’étiez pas artiste, vous seriez...

J’ai une passion pour le sport ! Durant mon adolescence, j’étais très bon au soccer et à la course sur courte piste. Qui sait, peut-être aurais-je pu devenir un sportif étoile ?

 

Qu’est-ce que vous détestez par-dessus tout ?

Je déteste ceux qui refusent de partager leur savoir et qui regardent les autres de haut.

Avec qui aimeriez-vous prendre un verre ?

J’aimerais prendre un verre avec quiconque est constructif et ouvert d’esprit.

J’utilise ma créativité quand je choisis mes pierres. J’y vais pour la couleur, la hauteur, la texture et le bris de la roche… Je veux dire la forme, comment elle est brisée. C’est cela qui me fait choisir une pierre.

Lieu de tournage

Toronto / Canada

Rencontre avec l'artiste le 10 juin

Quand on regarde une femme, la façon dont son corps est formé est fantastique. Ce n’est pas comme nous, les hommes... Les femmes sont tout en courbes. Elles ont quelque chose d’un paysage.

Inspirations

  • Quel artiste vous a le plus influencé et pourquoi ?

    Mon père, Joram Mariga. Non seulement m’a-t-il appris les compétences techniques nécessaires à la sculpture sur pierre à l’aide d’outils manuels, mais il m’a aussi appris l’importance de mon héritage culturel. Il était partie prenante d’un petit groupe qui a permis à la sculpture shona de rayonner de par le monde. Cela m’a appris à quel point l’art est un langage universel.

    Une autre influence artistique importante — celle-là plus récente — vient des nombreux étudiants à qui je donne des ateliers ici, au Canada, et en Europe. Lorsque vous enseignez avec l’esprit ouvert, vous apprenez aussi beaucoup. Par exemple, parce que mes étudiants voulaient sculpter des formes abstraites, pour bien leur enseigner, je devais moi-même explorer l’abstraction dans mon travail. Ce que j’ai fait. Et cela signifiait pour moi une toute nouvelle façon de penser. C’est excitant pour un artiste.

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